Dans une petite équipe, chacun ouvre l'outil IA qu'il préfère et s'en sert comme il veut. Ça marche, jusqu'au jour où quelqu'un colle les détails d'un client ou un chiffre financier dans un chat sans réfléchir, ou que vous découvrez en fin de mois un prélèvement pour un outil que personne ne se souvient avoir ouvert.
Voici un test en quatre questions pour savoir si votre organisation improvisée tient encore la route, et dans laquelle des trois situations suivantes vous vous trouvez si ce n'est pas le cas.
D'abord, les bases
KPMG a interrogé 2 131 dirigeants dans 20 pays, et a trouvé que parmi les entreprises qui voient déjà un vrai retour sur l'IA, 86% ont mis en place ce que l'étude appelle une «couche de contrôle»: une interface unique que toute l'organisation utilise, plutôt que chacun de son côté. Chez celles encore en phase d'essai, seules 31% en ont une. Ce que cette couche contient, selon KPMG, ce sont surtout quatre choses: qui a le droit de se connecter, où les données ont le droit d'aller, qui relit ce que l'IA produit avant que ça parte, et qui suit ce que ça coûte. Pas besoin d'être une multinationale pour vérifier ces quatre points chez vous.
Il y a aussi un indice sur la suite. KPMG écrit que les organisations matures passent «du contrôle des coûts à une vraie gestion économique de l'IA», et 77% d'entre elles suivent déjà la dépense sur un tableau de bord permanent, contre 43% chez celles qui en sont encore aux essais. Vous n'avez pas besoin d'un tableau de bord. Il vous faut juste une réponse plus rapide que «je vérifie» la prochaine fois qu'on vous demande ce que vous payez.
Quatre questions, pas de note, juste une réponse honnête
Si vous avez répondu «pas sûr» à plus d'une question, c'est déjà une réponse.
- Est-ce que chaque personne qui utilise l'IA au travail se connecte avec son propre compte?Un mot de passe unique qui circule, ce n'est pas moins de travail, c'est «on ne sait pas qui a fait quoi».
- Si quelqu'un collait aujourd'hui les détails d'un client ou un chiffre financier dans un chat, est-ce que ça romprait une promesse faite à quelqu'un?Pas «est-ce que c'est globalement acceptable», mais s'il existe un contrat, une clause de confidentialité ou une règle précise que ça contredit.
- Est-ce qu'une partie de ce que produit l'IA part directement chez un client ou une administration sans qu'une personne la relise?Pas besoin de tout vérifier. Mais si la réponse est «oui, ça part directement», c'est à noter.
- Pourriez-vous dire là, sans vérifier, à peu près combien l'entreprise dépense en outils IA par mois, et sur quoi?Pas le chiffre exact. Juste si vous avez une idée, ou si c'est éparpillé entre des abonnements à moitié oubliés.
L'ordre compte ici. La tentation est de commencer par un budget, «combien chacun peut dépenser en IA par mois», parce que ça semble rapide à écrire. Mais un budget avant une règle sur les données limite juste l'expérimentation, sans régler le vrai risque qui vous inquiète. Commencez par où vont les données, pas par l'argent.
L'économiste en chef de Ramp, Ara Kharazian, a constaté que la dépense en IA baisse alors que l'usage grimpe, surtout à cause de la concurrence sur les prix entre les fabricants de modèles, pas parce que votre équipe a changé quoi que ce soit. C'est une raison de plus pour commencer par la règle sur les données plutôt que par le budget.
Que faire maintenant
Passez en revue les quatre questions avec la personne qui gère l'équipe, aujourd'hui, sans chercher une réponse précise. Si vous arrivez à «écrivez une page», écrivez-la avant la fin de la semaine et envoyez-la dans le groupe, ne la laissez pas dans un dossier que personne n'ouvre.